Danser l’argile
La fabrication d’un pot est avant tout une question de mouvement. Héritée de ma pratique de danseur et d’improvisateur, elle commence toujours par un geste, quel que soit le point de départ. Je ne joue pas une pièce préétablie selon un plan. Le premier geste appelle le second, et ainsi de suite, jusqu’à ce que la danse avec l’argile prenne sa propre dimension. Je n’interprète pas. Je fais. Je présente.


La fabrication d’un pot
La création d’une série de pots ressemble à une conversation entre deux vieux amis, dont les échanges déambulent organiquement de sujet en sujet. Pendant la création, une variété de rythmes, d’images et de mouvements apparaissent puis disparaissent, laissant place à la possibilité du hasard. Différents éléments entrent alors en jeu : la vitesse du tour, la quantité d’eau, un doigt, trois doigts, une main entière ou un outil. C’est là toute la pratique — et le défi — de danser avec l’argile : laisser ouvert le champ des possibles tout en créant un « contenant »
La complexité en harmonie
J’aime la complexité et l’interdépendance de la nature. Un nombre apparemment infini d’éléments aléatoires se combinent, dans un espace et un temps donnés, pour nous offrir la beauté. Il y a de l’harmonie dans la complexité ; il y a du chaos dans la simplicité. Cette tension nourrit ma curiosité. Je travaille avec une vaste palette de glaçures et une grande variété de formes organiques, prenant plaisir à jouer avec la complexité. Et parfois, les résultats sont…


Boire le thé
Le thé est un acte complet dans sa simplicité. Quand je bois le thé, il n’y a que moi, et le thé. Le reste du monde se dissout. Il n’y a plus d’inquiétudes sur l’avenir. Je ne m’attarde pas sur les erreurs du passé. Le thé est simple : des feuilles de thé, de l’eau pure chaude, une tasse. J’inhale le fumet, ces minuscules et délicates particules de thé flottant au dessus de la tasse. Je bois le thé, les essences contenues dans les feuilles devenant une partie de moi. Je suis informé par le thé, changé. C’est l’acte de la vie, en un instant pur, et dans cet acte la vérité du monde est soudainement révélée : toute la complexité, la douleur, le drame de la vie sont des prétextes, inventés dans nos esprits pour de mauvaises raisons. Il n’y a que le thé, et moi, qui convergeons.
– Thich Nhat Hanh
À propos
Née dans le Montana, j’ai grandi à New York puis ailleurs dans le monde (surtout en France). J’ai passé des années à observer des danseurs apprendre la technique Merce Cunningham, à courir dans les studios de danse et les théâtres, avant de m’enfuir dans les montagnes. J’ai brièvement tenté de les conquérir, avant de décider que j’étais plus heureux en les admirant d’en bas. Mes mains ont trouvé l’argile, mon corps a retrouvé la danse. Je suis potier, amateur de thé, danseur, écrivain et explorateur un brin dérangé. Au plaisir de se rencontrer autour d’une tasse de thé.